Alexandre Durimel, 25 ans, est l’un des rares Français à jouer en Liga I, le championnat roumain de football. Il évolue pour la deuxième année consécutive au Dinamo de Bucarest, un des clubs historiques du pays. Une expérience enrichissante, qui lui a permis de grandir. Rencontre.

 

Après une trêve hivernale de deux mois, le championnat roumain de football, baptisé Liga I, a repris ses droits fin février. Pour Alexandre Durimel, défenseur au FC Dinamo, il était temps. « Deux mois, c’est long. A cause des conditions météo ici, nous sommes allés en stage en Turquie puis en Espagne, où nous avons joué des matchs amicaux. Et depuis notre retour, on est obligé de s’entraîner ailleurs, sur du synthétique, pour ne pas dégrader notre pelouse. »

Le défenseur français, récemment élu dans l’équipe-type de la Liga de mi-saison, avait donc hâte de retrouver les terrains et l’ambiance dans les stades. « Il y a une vraie culture foot ici, c’est plus fanatique qu’en France. L’ambiance au stade est vraiment différente, c’est dingue. » Pour preuve, le stade vieillissant du FC Dinamo, situé à Stefan Cel Mare, est parfois trop petit, malgré ses 15 000 places. Lors des grandes affiches, comme lors du derby avec le Steaua, le rival, l’autre grand club de Bucarest, l’équipe prend ses quartiers à l’Arena naționalâ, stade de 55 000 places, toujours plein. « Quand on joue le derby, l’ambiance n’est pas comparable avec la France. Et quand on joue à l’extérieur, les stades sont toujours pleins, car on est le Dinamo », c’est-à-dire un club historique, dix-huit fois champion de Roumanie.

Le niveau de la Ligue 1 »

Alexandre DurimelNé à Paris, formé à Lens avant d’évoluer pendant sept ans au FC Amiens, où il a signé son premier contrat professionnel, Alexandre Durimel ne s’est pas posé de questions avant de partir pour la Roumanie. Après une expérience d’un an au CS Turnu Severin (aujourd’hui en Liga II), il est repéré par le Dinamo, où il effectue actuellement sa deuxième saison. « On m’avait donné des a priori sur la Roumanie, on m’a dit « bonne chance », mais les conditions ici sont vraiment bonnes. » Entraînement tous les matins, mise au vert l’après-midi, séances de musculation, préparation physique et technique… « Et le soir, un resto et parfois une sortie en boîte de nuit. » Sa vie de footballeur ici n’est pas totalement différente de celle qu’il vivait en France. « A part qu’ici, le foot est très médiatisé, il arrive qu’on me reconnaisse dans la rue, les gens sont des vrais fans de foot. »

Trouver sa place au sein de l’effectif du Dinamo n’a pas été difficile. « J’ai été très bien accueilli. Dès mon arrivée, j’ai eu des cours de roumain. Et il y a des francophones dans l’équipe. » Comme Fai Collins, Camerounais, son ami et collègue en défense. Tous deux affirment que cette expérience les a fait grandir personnellement, et progresser au niveau footballistique. « Le jeu ici est très rapide, ça joue en contre-attaque, tout le temps. Des clubs comme le Dinamo, le Steaua ou l’Astra ont clairement le niveau de la Ligue 1 française. Les autres clubs du championnat, je dirais plutôt un bon niveau de Ligue 2. » Un bon niveau donc, malheureusement pas assez reconnu au niveau européen. « Mes parents, qui vivent en Guadeloupe, et mon frère en France essaient de suivre le championnat par internet. » Un soutien de sa famille, même à distance, qui lui fait du bien. « Quand tu débarques ici, pour un jeune footballeur pro, il faut être fort mentalement, car tu es un peu seul quand même. Moi j’avais déjà vingt-deux ans quand je suis arrivé en Roumanie. Je ne suis pas sûr qu’à dix-huit ou dix-neuf ans, ça aurait été facile. »

Sous contrat jusque juin 2016, Alexandre Durimel ne se pose pas encore la question de son avenir au Dinamo. « Je suis bien ici. Sans être titulaire indiscutable, j’ai du temps de jeu, j’ai ma place. Après, comme tout footballeur, je rêve de grandir encore et d’évoluer dans un grand championnat européen, comme l’Angleterre, ou pourquoi pas revenir en France…»


Article paru dans la revue Regard en mars 2015. Photo : fanatik.ro

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